Ombres et clarté place de la mairie
Les démolitions qui viennent d'être effectuées au niveau de la rue de l'église apportent à coup sûr une touche déterminante à la transformation du quartier historique de St-Rambert d'Al bon.
Parmi les étapes de cette longue mutation, nous pouvons remonter en 1897, avec le "creusement", au prix de la démolition de quinze maisons, d'une nouvelle place vouée au 1er marché aux pêches de France. C'est la place Gaston ORIOL. Jusque là, le marché aux pêches avait lieu sur la petite place de l'ancienne mairie. L'histoire de la création de cette nouvelle place avait été en Juin 1984, sous l'égide du Comité des fêtes et du Foyer d'Animation, la toile de fond d'une grand spectacle racontant une "histoire d'eau" .Tous les quartiers avaient participé. Beaucoup s'en souviennent.
Plus récemment en 1975, mais de manière tout aussi déterminante, le "monopole longitudinal" de la RN7 pour la traversée du village en prit un autre coup, avec la démolition de la Maison de Bonrepos (face à l'ancienne mairie).
Réputée comme cossue en dépit de son apparence austère côté rue, cette demeure (réquisitionnée par l'occupant pendant la dernière guerre) emporta avec elle une marquise et une assez jolie rampe, mais personne n'osa trop mettre en balance ces quelques sacrifices face à l'inestimable ouverture qu'elle offrait vers le Rhône (même si vingt ans plus tard elle a été en partie refermée par le nouvel Hôtel de ville !)
De manière beaucoup moins justifiée pour beaucoup, les anciennes écuries de la Maison de Bonrepos, devenues "Maison communale" à vocation associative et culturelle en 1980, ont disparu au profit du parking en terrasse de la place de la mairie. Dans le même temps, le grand caveau dont on avait voulu faire un hall d'exposition en y effectuant -sans succès- pas mal de travaux d'assainissement, a lui aussi été rayé de la carte. Il avait néanmoins rendu de fiers services à plusieurs générations de jeunes et moins jeunes rambertois qui ont pu y apprendre la poterie.
Mais il faut croire que cet endroit précis de St-Rambert est fâché avec l'élément liquide, car quoiqu'en dise souvent notre maire, les sommes consacrées en vain -avant lui- à l'assainissement du fameux caveau, ont fait sous ses mandats pas mal de petites et grandes sœurs avec les déboires décoratifs aquatiques et floraux que l'on connaît actuellement à l'étage au dessus ! En témoignent, à la place de la toison de fleurs annoncée sur le topiaire consacré à l'avion de Jules Védrines, des ornements végétaux aussi improbables que fantaisistes, et la sécheresse décidemment obstinée des fontaines qui l'entourent.
Mais remontons quand même à la surface pour convenir que la nouvelle perspective ouverte sur la façade de l'église ne manque pas d'intérêt. Dont acte. Souhaitons qu'il soit fait le meilleur usage possible de ce nouvel espace.