L'explosion démographique de St - Rambert d'Albon n'est pas un phénomène isolé, quoique particulièrement sensible localement.

Depuis une dizaine d'années , une bonne partie du territoire de la commune a été urbanisé.

Cette évolution a été largement facilitée par de gros efforts accomplis en matière d' assainissement  des quartiers excentrés.

Cette volonté, louable en soi  au nom de l'équité d'accès au "tout à l' égout " pour les habitants qui n'en bénéficiaient pas encore, n'a-t-elle pas "ouvert la boîte de pandore" en rendant  constructibles d'un seul coup des dizaines et des dizaines d'hectares, juste au moment où la poussée lyonnaise ne demandait qu'à trouver des espaces ?

Une  aubaine pour les promoteurs qui ne se sont pas privés de mettre la main sur notre campagne et la transformer  en lotissements partout où c'était possible.

Avantages, inconvénients ? Il est peut être temps de faire le point et voir quelles vont être, à court et long terme, les conséquences de ce phénomène sur notre Nord Drôme  considéré jusqu'à maintenant comme "encore un peu la campagne", même si ce point de vue était plus positif aux yeux de l'habitant que des élus soucieux du développement économique.

"La ville à la campagne", un vieux rêve d'humoriste qui ne fait plus trop sourire.

En forme de boutade, la célèbre formule d'Alphonse Allais recouvre un vrai rêve d'urbaniste: comment faire bénéficier des milliers de personnes  de tous les avantages de la vie de village, en les déposant dans des regroupements de maisonnettes en plein milieu des champs ?  En oubliant au passage que ces gens sont le plus souvent des familles constituées d'enfants qui ont besoin d'aller à l'école, de pères et mères qui ont besoin de continuer à gagner leur vie... loin de chez eux, partagés entre la tentation de toujours profiter des avantages de la ville où ils continuent malgré tout d'être obligés de passer une bonne part de leur temps parce qu'ils y travaillent, et l'aspiration à disposer d'une qualité de vie et de services de proximité là où ils habitent !

Il n'est pas certain que ces réalités aient sérieusement été prises en compte. Ni du côté des promoteurs, dont la seule motivation est avant tout de faire des bénéfices; ni du côté des élus locaux qui ont peut être sous estimé tous les effets secondaires du phénomène.

 

Peut-on se satisfaire des statistiques ?

Que fait-on maintenant ? C'est la question qui semble-t-il hante désormais nos élus ( Voir la presse quotidienne), un peu désemparés devant l'ampleur du phénomène. N'aurait-on pas trop appuyé sur l'accélérateur ?

 

A vrai dire, jusqu'au fond de la Valloire, tous les élus du secteur, abondamment sollicités également par la pression immobilière, se posent aussi la question.

Mais St - Rambert d'Albon est en première ligne ... et de loin ! 

Peut être parce qu'elle est le premier espace en sortant de la gare, mais sûrement aussi  parce qu' en quelques années elle a viabilisé des pans entiers de son territoire. A l'époque du déclin industriel,  l'habitat s'avérerait-il une "industrie "de remplacement, génératrice de ressources ? Pas si simple.

 

La "ruée verte": Des effets secondaires mal maîtrisés

Alors commencent à s'y manifester les premiers effets de la "ruée verte" péri urbaine.

Où plutôt commencent à apparaître des manques que même les efforts réels d'équipement en matière scolaire - le premier service sans lequel il n'y aurait pas de résidence possible pour les familles jeunes- ne parviennent pas à dissimuler:

St-Rambert d'Albon était-il vraiment préparé à gérer en quelques années une augmentation de 20% de sa population ? C'est exactement le problème qu'ont vécu dans les années 50 et 60 les communes de la périphérie des grandes villes, avec les effets marginalisateurs que l'on sait. Certes, ces nouveaux habitants appartiennent -t-ils -en tant qu' accédant à la propriété- à des catégories sociales relativement favorisées.

 

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A deux pas de la place de la  mairie, un nouvel immeuble vient occulter le large espace un instant entr'ouvert en direction du Rhône. Malgré son expansion dans la campagne environnante, St-Rambert  n'a peut-être pas fini d'être un "village -rue"

Mais pour vraiment prendre la mesure de leurs besoins et pouvoir y répondre,  nos services généraux, sociaux et notre tissu associatif recevront ils les moyens nécessaires  au passage à la vitesse supérieure que cela implique ?

Autant de questions qui sont aujourd'hui posées sans la moindre amorce d' une réponse.

Pourtant , des centaines de nouveaux habitants continuent de s'installer à un rythme qui contrairement aux inquiétudes affichées, laisse penser qu'il  n' y ait pas de  réelle restriction opposée à ce mouvement.

Un dossier qui est loin d'être clos !